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COVID 19 : des impacts notoires sur nos approvisionnements

23 juin 2020
Achat

Pour assurer notre activité médicale et chirurgicale, nous achetons des produits à usage unique non stériles, bien simples, mais sans lesquels, nous ne pouvons travailler. Il s’agit non seulement des masques dont nous avons tant parlés mais aussi des articles en « non-tissé » comme les pyjamas intissés. Pour HGO, c’est un budget de 350 000€ annuels, en dehors du drapage opératoire qui pèse pour 1,5M€ d’achats. Elodie Deniel responsable des achats, nous explique les enjeux. 

En quelques mots, pourriez-vous nous décrire le contexte actuel ?   

Ces articles en non-tissé sont fabriqués à partir de granulés de polypropylène qui sont fondus pour obtenir des fils qu’on vient lier par voie thermique. Le non-tissé peut être constitué de une ou plusieurs couches (spun, SMS, SMMS…) et de différents grammages (35grs/m², 43grs/m²…). La combinaison de ces 2 facteurs permet de s’assurer de l’opacité, de la tenue à la déchirure ou de l’éventuel relargage de particules. 

La majeure partie de la production des articles en non-tissé se situe à XianTao, « petite » bourgade proche de WuHan en Chine. Confinée dès le 23 Janvier 2020 pour contrer l’épidémie du COVID 19, la production n’a pas repris tout de suite après le Nouvel An Chinois. En sus, la demande mondiale a explosé au même rythme que la pandémie et les usines se sont tournées massivement vers la production des masques, business plus juteux. 

Quels vont être les impacts sur les achats ?  

Plusieurs fournisseurs sont déjà déclarés comme « défaillants » : entre ceux qui nous livrent des quantités partielles, ceux qui indiquent viser des livraisons à compter de septembre 2020 et ceux qui nous proposent des alternatives au dossier technique douteux (en centuplant le prix habituel), il a été rapidement évident qu’une centralisation des achats sur ces produits étaient nécessaires. Cette crise sanitaire a également mis en évidence la limite de la sous-traitance aux centrales de référencement : nous ne maitrisons pas la chaine d’approvisionnement. D’où viennent nos produits ? quels usages en fait-on ? Qui sont les contacts clés dans ces groupes ? Quel poids avons-nous par rapport au public et au privé lucratif ? 

Ne devrons-nous pas changer certaines de nos habitudes ? 

On entend souvent que les crises sont propices aux opportunités. Celle-ci aura montré que l’organisation pharmacie / service économat, déjà présente sur certains sites, a du sens. Les facteurs clés de succès pour éviter les ruptures d’approvisionnement (capter des opportunités de volumes, créer un réseau parmi les vendeurs et limiter les surcoûts) reposent sur des achats groupés, agiles et coordonnés. Il faut savoir mesurer les volumes, raisonner en usage et trancher, à l’aide des relais sur chaque site.  

Aujourd’hui, nous savons que les approvisionnements sur ces produits vont rester difficiles durablement. Même en concédant que notre budget pour les surblouses par exemple, devra être plus que doublé, il faut accepter l’impérieuse nécessité de changer nos habitudes. L’ensemble des hôpitaux publics basculent sur des produits en polyéthylène et des blouses en coton au lieu des blouses en polypropylène. Chez HGO, nous allons aussi avoir des évolutions…. à commencer par des charlottes rouges au sein des établissements (couleur de la  charte graphique !).